La commune de Lausanne, dans le canton de Vaud, ne s'arrête pas au haut de la ville. Au-dessus des derniers immeubles commencent les zones foraines : Vers-chez-les-Blanc, Montblesson, Le Chalet-à-Gobet, Montheron et Vernand. Elles représentent 56 % de la surface de la commune pour 3 % de sa population — et, surtout, 27,6 % de toutes les maisons individuelles de Lausanne. Autant dire que le chauffage n'y ressemble en rien à celui du centre : pas de réseau de chaleur, beaucoup de villas, des parcelles plus généreuses, et une règle d'urbanisme temporaire qui inquiète les propriétaires alors qu'elle laisse justement passer les travaux qui nous occupent.
De quoi parle-t-on, exactement
Les zones foraines sont des secteurs habités de la commune de Lausanne, séparés de la ville par le bois. La Ville en nomme cinq, et leurs codes postaux réservent quelques surprises qu'il vaut mieux connaître avant de remplir un formulaire.
- Vers-chez-les-Blanc — NPA 1000, mention postale « Lausanne 26 », environ 837 m d'altitude.
- Le Chalet-à-Gobet — NPA 1000, « Lausanne 25 », environ 841 m.
- Montblesson — NPA 1000, « Lausanne 27 », environ 762 m.
- Montheron — sur la commune de Lausanne, mais NPA 1053 Cugy VD, environ 713 m.
- Vernand — sur la commune de Lausanne, NPA 1032 Romanel-sur-Lausanne ou 1033 Cheseaux-sur-Lausanne selon le secteur, environ 655 m.
Retenez le principe : votre code postal peut porter le nom d'une autre commune, alors que votre autorisation, votre taxe et votre interlocuteur restent lausannois. Le point habité le plus haut du secteur, à Richesson, est à 871 mètres — c'est aussi le plus haut de toute la région traitée par ce site.
Un parc de chauffage qui n'a rien d'urbain
Les chiffres relevés bâtiment par bâtiment autour de chaque lieu sont sans équivoque. À Vers-chez-les-Blanc comme à Montblesson, plus des trois quarts des bâtiments d'habitation sont des maisons individuelles. Et la pompe à chaleur y est déjà largement installée : environ trois bâtiments sur dix en sont équipés dans ces deux secteurs, contre une moyenne de l'ordre de 15 % sur l'ensemble des dix-sept communes du périmètre. Vos voisins ont donc déjà tranché, et cela vaut tous les arguments commerciaux du monde.
Autre fait structurant : le chauffage à distance ne dessert pas ces secteurs, et le seuil d'éligibilité fixé par la Ville met de toute façon les maisons hors du jeu, comme nous l'expliquons dans le guide du conditions d'accès au réseau de chaleur. Reste donc le fossile à remplacer : du gaz à Vers-chez-les-Blanc, à Montblesson et à Vernand, du mazout presque exclusivement à Montheron, un mélange des deux au Chalet-à-Gobet.
Le mouvement s'accélère, et il se mesure : sur l'ensemble des dix-sept communes du périmètre, 660 pompes à chaleur ont été déclarées pour la seule année 2025, soit plus que sur toute la période 2011-2015 réunie. Ce n'est pas une impression de chauffagiste, c'est le registre fédéral des bâtiments qui le dit.
La zone réservée jusqu'au 23 juin 2028 : ce qu'elle interdit, ce qu'elle permet
C'est la question qui revient à chaque visite. La quasi-totalité des zones foraines est placée en zone réservée communale, au sens de l'article 46 de la loi vaudoise sur l'aménagement du territoire et les constructions, jusqu'au 23 juin 2028. Beaucoup de propriétaires en concluent qu'ils ne peuvent plus rien faire. C'est inexact.
Une zone réservée gèle les constructions nouvelles, le temps que la planification soit revue. En revanche, les rénovations, les transformations et les agrandissements mesurés du bâti existant restent autorisés. Or remplacer une chaudière par une pompe à chaleur, c'est exactement cela : de la rénovation sur un bâtiment qui existe déjà. Le plan d'affectation des territoires forains a d'ailleurs suivi son cours, avec une seconde enquête publique au printemps 2026. Comme toujours, la confirmation pour votre parcelle appartient au service communal de l'urbanisme, et elle se demande par écrit.
Cinq cents mètres de dénivelé, et ce que nous ne vous dirons pas
Le bâti lausannois s'étage de 373 à 877 mètres. Plus de 760 bâtiments d'habitation de la commune se trouvent au-dessus de 700 mètres, et ils sont presque tous ici. Cinq cents mètres de dénivelé dans une seule commune, cela change réellement le dimensionnement d'un chauffage.
Ce que nous ne vous dirons pas, c'est de combien de degrés. Il n'existe aucune station de mesure de température au-dessus de 700 mètres dans un rayon de dix kilomètres : personne ne peut donc chiffrer honnêtement l'écart entre la plaine et les hauts, et vous devriez vous méfier de quiconque le fait au téléphone. Ce qu'on peut dire, en revanche, c'est qu'un dimensionnement se fait sur place, sur votre bâtiment, avec vos déperditions et votre régime de température. Bonne nouvelle au passage : l'ancienne restriction cantonale qui visait les installations au-dessus de 1'000 mètres a été levée le 1er janvier 2026, et de toute façon aucun bâtiment lausannois n'atteint cette altitude.
Air ou sonde : le choix se pose autrement qu'en ville
Sur une parcelle des hauts, la contrainte du bruit se desserre : les distances exigées entre la machine et la fenêtre du voisin le plus exposé sont plus faciles à tenir quand les maisons sont espacées. C'est le principal avantage du secteur, et il se vérifie avant de choisir la machine — voyez le tableau cantonal des distances.
La sonde géothermique, elle, pèse lourd dans la région : sur l'ensemble du périmètre, plus d'un tiers des pompes à chaleur déjà posées puisent leur chaleur dans le sol. Elle demande davantage de terrain, un forage, et surtout une procédure différente : pas de dispense possible, c'est un permis de construire ordinaire. L'admissibilité du forage se vérifie d'abord sur la carte cantonale, avant tout engagement — notre page sonde plantée dans le sol détaille les étapes.
Ce qui décide vraiment de la réussite : ce qui chauffe vos pièces
Une villa des hauts a souvent été construite avec de grands radiateurs en fonte ou en acier, parfois complétés d'un chauffage au sol dans une extension plus récente. C'est ce détail-là, bien plus que l'altitude, qui décide du rendement futur de votre installation : plus l'eau qui circule peut être tiède, moins la machine force, et moins elle consomme. Un bon installateur commence donc par relever la température de départ actuelle de votre chauffage un jour de grand froid, et par vérifier si les radiateurs existants suffisent à cette température plus basse. C'est souvent le cas dans une maison qui a été isolée depuis. Nous avons consacré un guide entier à cette question, radiateurs ou chauffage au sol.
Le gaz, le mazout et l'échéance cantonale
Aucune interdiction communale ne frappe le gaz à Lausanne, et nous ne l'écrirons pas. Les échéances discutées pour la sortie des énergies fossiles sont cantonales : la nouvelle loi vaudoise sur l'énergie devrait fixer des dates situées en 2042 et 2047, mais son entrée en vigueur n'est pas acquise à ce jour et le droit applicable reste l'ancienne loi. Nous en parlons donc au conditionnel, comme il se doit. La vraie question, pour une maison des hauts, n'est pas l'échéance : c'est l'âge de la chaudière et le prix du combustible sur les quinze prochaines années.
Les démarches, elles, sont lausannoises
Même en zone foraine, vous dépendez de la Ville de Lausanne : annonce de travaux au service communal, émolument fixe de 150 francs depuis le 1er novembre 2025, diagnostic amiante si le bâtiment est antérieur à 1991, préavis du patrimoine selon la note du bâtiment, et préavis du service des parcs si l'unité extérieure se trouve à moins d'un mètre cinquante de la couronne d'un arbre — un cas très fréquent dans des jardins arborés comme ceux-ci. Le déroulé complet est décrit dans notre guide de l'annonce de travaux, et les pages de secteur, rattachées à la page Lausanne, reprennent le détail lieu par lieu.
Un dernier mot sur la manière de chercher : tapez « pompe à chaleur Vers-chez-les-Blanc » et vous tomberez souvent sur des résultats français. Ces hameaux-là sont bien sur la commune de Lausanne, dans le canton de Vaud, en NPA 1000, 1053, 1032 ou 1033 selon le secteur. C'est précisément pour cela que nous les traitons un par un.